La photographie en vitrine cette semaine car les livres restent le principal relais de la création photographique !
Vincent Munier – Gregory Crewdson – James Barnor – Saul Leiter – Lee Miller – Eric Bouvet – Kate Barry – Elliott Erwitt – Jean-François Spricigo – Anne Delrez – Patti Smith –
Vendredi 24 novembre à 18h30, rencontre avec Chowra Makaremi pour son essai « Femme ! Vie ! Liberté ! Échos d’un soulèvement révolutionnaire en Iran » paru aux éditions La Découverte. Prix de l’essai France Culture – ARTE 2023 En partenariat avec le Forum IRTS de Lorraine.
Depuis septembre 2022 des femmes et des hommes, souvent jeunes, se sont engagés en Iran dans un travail de conquête politique et d’ouverture des possibles qui nous remue à un endroit précis : celui de la possibilité, toujours, du soulèvement. Voici la chronique à distance d’une révolte qui s’est installée dans la durée avec surprise, audace et incertitude. Ce long automne insurrectionnel convoque aussi d’autres séquences de l’histoire iranienne, se trouve éclairé par d’autres mouvements, d’autres mémoires de luttes et de violences. Une histoire longue du pouvoir et de la résistance, que Chowra Makaremi connaît par son passé familial, par ses recherches également, en tant qu’anthropologue attentive aux contre-archives et aux émotions collectives. L’autrice donne aux événements une profondeur de champ qui permet d’en identifier les genèses multiples, et de saisir le basculement révolutionnaire irréfutable qu’ils représentent. Elle compose une archive à la lumière orange des feux de rue, devenus le symbole d’une révolte qui se vit comme une combustion de colère, une profanation, une contagion.
Chowra Makaremi est anthropologue et chercheure au CNRS. Elle a dirigé plusieurs ouvrages, dont » Entre accueil et rejet. Ce que les villes font aux migrants » (avec Véronique Bontemps et Sarah Mazouz, le passager clandestin, 2018). Elle est l’autrice du « Cahier d’Aziz. Au coeur de la révolution iranienne » (Gallimard, 2011). En 2019, elle a réalisé le film Hitch. Une histoire iranienne (Alter Ego, 78′).
Jeudi 23 novembre à 18h30, rencontre avec Elisa Shua Dusapin pour son roman « Le vieil incendie » paru aux éditions Zoé.
Elisa Shua Dusapin explore les méandres de l’amour entre deux sœurs, nombreux avec les années et la distance. Complices dans leur jeunesse, Agathe et Vera se retrouvent plus d’une décennie après leur dernier échange pour vider la maison de leur père. Agathe, l’aînée et narratrice, va redécouvrir pendant neufs jours cette petite sœur aphasique qu’elle a quitté 15 ans plus tôt lorsqu’elle est partie aux Etats-Unis. L’atmosphère de pudeur et de silences est accentuée par le décor automnal de la forêt périgourdine où se trouve la demeure des deux jeunes femmes. « Le vieil incendie » relate dans un format très court mais très travaillé l’entièreté des liens complexes entre deux sœurs. Pour ce 4e roman que l’on imagine assez personnel, l’autrice dose savamment le flot d’émotions et de souvenirs allant de la tendresse au ressentiment, de la symbiose à l’incompréhension.
Son premier roman, « Hiver à Sokcho » paru en 2016, a obtenu les prix Robert Walser, Alpha, Régine-Desforges, Révélation SGDL. En 2021, sa traduction anglaise reçoit le National Book Award.
Jeudi 16 novembre à 18h30, rencontre avec Dominique Barbéris pour son roman Une façon d’aimer paru aux éditions Gallimard. Grand prix de l’Académie française
Dominique Barbéris est née en 1958 au Cameroun, mais elle aime les atmosphères de province. Dans ce nouveau roman, la narratrice cherche à partir d’une photo aux bords crantés à reconstituer la vie de sa tante. Madeleine. Entre Nantes et le Cameroun, entre mandat français et indépendance, entre un mariage et une liberté trouvée ailleurs qui fut cette femme, restée d’une élégance datée ? La lecture est magnifique de lenteur, d’ombres étirées, de mélancolie de fin d’été. Il y a un toujours une parenté avec Modiano et avec son écriture de dentellière, elle questionne le temps, celui figé sur une photo qui nous pousse à la nostalgie de ce qui n’a pas été vécu.
Dominique Barbéris vit à Paris et enseigne à l’université de la Sorbonne. Elle a notamment publié aux Éditions Gallimard Les Kangourous (L’Arpenteur, 2002), porté à l’écran en 2005 par Anne Fontaine sous le titre « Entre ses mains », Quelque chose à cacher (2007), Beau rivage (2010), La vie en marge (2014) L’année de l’éducation sentimentale (2018) et Un dimanche à Ville-d’Avray (2019).
Jeudi 9 novembre à 18h30, soirée J.R.R.Tolkien avec Martin Vagneur, éditeur chez Christian Bourgois, à l’occasion de la sortie de l’intégrale du « Seigneur des Anneaux » paru aux éditions Bourgois.
C’est un des événements éditoriaux de l’automne : « Le Seigneur des Anneaux » de J.R.R. Tolkien ressort en intégrale et en tirage limité. Cette édition bénéficie de la nouvelle traduction française signée en 2014 par Daniel Lauzon. Elle se base sur la dernière version du texte anglais, revue par Christopher Tolkien d’après des indications laissées par son père. Elle offre des illustrations inédites de Tolkien. Elle est, enfin, complétée d’un index que Tolkien avait souhaité intégrer de son vivant mais n’avait pas eu le temps de fournir pour la première parution de la trilogie en 1954-1956.
Quinzaine des librairies du Grand Est – Mercredi 8 novembre à 18h30 Lecture poétique sonorisée de « Jour huitième » par Loïc Demey
Cinquième livre de Loïc Demey publié à Cheyne éditeur, Jour huitième est le récit poétique d’une catastrophe écologique annoncée. Catastrophe qui bouleverse à tel point le monde et les humains que le langage s’en trouve lui-même chamboulé. Jour huitième touche à nos inquiétudes contemporaines. Cette poésie est en prise avec le réel. Elle se propose de réinterroger notre rapport à la nature grâce à une langue recréée, malaxée, méconnaissable. Le récit de Loïc Demey nous redonne les outils pour nous rattacher au monde, sans éluder les difficultés qui jalonnent notre parcours jusqu’à ce fameux jour huitième – jour de renaissance ? Les images mordantes de Rochegaussen expriment elles aussi cette violence, ce monde à la dérive, et les visions et sensations nouvelles qui naissent de cette terre d’après le déluge
Jean Cocteau dans notre vitrine ! À la fois poète, dessinateur et auteur, sa disparition, il y a 60 ans, sera célébrée à Metz jusqu’au mois de février. Ses vitraux dessinés pour l’église Saint Maximin entre 1962 et 1963 sont une des plus belle réalisation sur la communion de l’homme et de la nature, avec une révérence aux cultures anciennes portée par la grâce de l’art abstrait.
paru dans la collection l’Arbalète aux éditions Gallimard
Magnifique enquête familiale et sociologique, La source des fantômes raconte une enfance des années 1980 en Vendée, sans cesse interrogée par la narratrice adulte.
Benahmed Daho excelle à suggérer son parcours à travers quelques détails de la vie quotidienne et, démontant les clichés, propose une fine analyse sociologique de sa famille et un portrait de l’adolescence en zone périurbaine.
Yamina Benahmed Daho est devenue écrivaine près des études de philosophie et de lettres à l’Université de Nantes, et des années d’enseignement en tant que professeure de français. Après Poule D un récit d’apprentissage politique en 2014, elle publie De Mémoire en 2019.
En février 2021, elle publie À la machine sur le personnage de Barthélemy Thimonnier, tailleur et inventeur de la machine à coudre, spolié par l’américain Isaac Merritt Singer.